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L’interview de Pierre-Yves Sanchis, entrepreneur

Par Cécile Guyen, membre de L’Observatoire de l’EcoDesign






Pierre-Yves Sanchis




Cécile Guyen : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous?

Pierre-Yves Sanchis : J’aime imaginer, élaborer et créer depuis toujours. A défaut de pouvoir me lancer dans l’éco-conception (le dessin n’était pas mon fort à l’école), j’ai suivi un parcours école de commerce suivi d’un début de carrière en tant que consultant marketing en nouvelles technologies. Cependant, j’aspirai à autre chose…

CG : Quelle a été votre motivation pour initier vos projets green?

PYS : A partir de 16 ans, je me suis beaucoup documenté sur le « développement durable » car j’y trouvais beaucoup de mes valeurs personnelles. A l’époque j’habitais en Ardèche. Là bas, les termes « diversité », « environnement » et « respect des autres » prennent tout leurs sens.

Les années passant, j’ai eu l’occasion de co-fonder et d’animer une communauté de salariés sur des problématiques de développement durable. Nous avions pour mission de réduire l’empreinte écologique de l’entreprise, et d’améliorer les conditions de travail des 500 salariés. Pour communiquer autour de nos actions, nous utilisions des newletters ludiques, des enquêtes, des panneaux informatifs incitatifs, ou encore de jeux internes du type « qui photocopiera le moins ».

C’est à cet instant que j’ai réalisé à quel point le développement durable était trop souvent perçu à tort comme une contrainte.

Tout a muri, et j’ai quitté le salariat début 2010 pour créer mon entreprise. Comeen est une entreprise de services, spécialisée dans la création et l’animation de communautés en ligne. Nous avons par ailleurs développé une expertise interne sur les consommateurs motivés par des marques respectueuses de l’environnement et de ses salariés.

Ma motivation profonde au travers de cette entreprise est d’aider les marques les plus responsables à gagner des parts de marché sur leurs concurrents. Aujourd’hui, je pense que l’utilisation de médias sociaux du type Facebook, twitter ou encore des blogs sont des outils très puissants pour entretenir une véritable relation de confiance entre marques et consommateurs.

CG : Internet et les réseaux sociaux sont en pleine expansion, que pensez-vous qu’ils puissent apporter au développement durable?

PYS : Sur le plan de la communication autour du développement durable en Europe, les nouveaux canaux de communication (blogs, Internet mobile, réseaux sociaux ou encore micro-blogging) sont dès aujourd’hui des outils indispensables. Les acteurs du développement durable qui refuseront de passer à l’aire du web 2.0 devront faire face à un déficit de visibilité croissant.Si un fossé technologique profond s’est creusé entre ceux qui utilisent ou non un ordinateur, je pense qu’il va se dissiper dans les années à venir avec l’arrivée d’Internet sur tous les téléphones mobiles. Cependant, Internet et les réseaux sociaux restent des outils au service de ceux qui les utilisent en entreprise (les community managers) ; entrer dans une communication plus transparente et mieux interagir avec citoyens ou consommateurs se fait avec des prérequis indispensables : une volonté de bien faire réelle, une vision ROIste sur le long terme, et des relais internes.

Maintenant sur un plan plus personnel, je suis convaincu qu’Internet permet de rapprocher réellement les individus, et évite de nombreux déplacements, je pense par exemple au nombre de fois que Skype m’a sauvé ! Cependant, arrivés dans l’aire de la « convergence », je constate que nos vies sont inondées de produits électroniques. iPod, iPhone, Portables, PC, mini-PC… est-ce bien cela la convergence ? J’essaie de réduire au maximum ces produits (un ordinateur portable et un téléphone mobile) car beaucoup trop polluants et peu recyclables à mon goût.

CG : L’éco-conception consiste à intégrer des critères environnementaux dès la phase de conception des produits, quels liens peut-on envisager avec Internet?

PYS : L’utilisation des réseaux sociaux permet de créer de véritables interactions entre les consommateurs et les marques. Cette approche est assez récente, mais certaines marques conçoivent déjà des produits grâce à leur communauté ! Derrière ces initiatives, on retrouve plusieurs atouts : la créativité est plus riche par la collaboration, mais surtout on sait rapidement si le produit correspond à un marché réel ou non.
Pour aller plus loin, la communauté peut participer au sourcing, en proposant de nouveaux fournisseurs plus respectueux de l’environnement. Enfin, ils peuvent peuvent partager leurs attentes en matière d’éco-conception (provenance et composition des matériaux utilisés, taille, packaging, etc.).

CG : Votre avis sur les datacenters?

PYS : Je n’ai pas de connaissance poussée sur ce domaine. Cependant je sais que de nombreuses solutions existent et permettent d’éviter de tourner sur des serveurs au charbon (comme Facebook le fait, par exemple). Des « substituts » de datacenters green existent, ce sont les certificats du type WattValue. Vous avez aussi les datacenters « classiques », dont l’électricité vient d’énergies renouvelables (par exemple Horus ou Stratos) ou encore des datacenters optimisés en matière de gestion de l’énergie. Personnellement, je crois beaucoup aux datacenters intégrant un mix gestion interne de l’énergie et mutualisation des serveurs.

Sur un projet de Green Game sur Facebook, Go Greengo (http://bit.ly/gogreengo), nous sommes partis sur Google App Engine. Notre consommation énergétique est exclusivement proportionnelle à notre trafic, nous n’avons pas de serveurs privés. De plus, les serveurs sont ceux de Google. Compte tenu de leurs volumes de données, les serveurs sont optimisés au niveau énergétique, sans compter que certains serveurs sont alimentés en direct par des centrales hydrauliques.

Pour aller plus loin, je vous recommande le blog archi-complet http://www.greenit.fr/


CG : Pouvez-vous nous donner votre vision pour le développement durable de demain?

PYS : Je suis en train de le créer, on en reparle demain !